JEUDI 10 AOUT 1944
Saint Barthélémy / Le Neufbourg / Romagny :
A Saint Barthélémy, les Américains contre-attaque avec vigueur. La résistance Allemande faiblit. Après trois jours de combats où l'issue était incertaine, les alliés approchent de la route de Mortain à Saint barthélémy. Les villages de la Pourcerie et de la Delinière se trouvant sur la route parralèle à celle décrite ci-dessus sont libérés après trois jours de combats. Les habitants s'enfluient de leurs maisons qui brûlent à cause des obus incendiaires. Les Américains s'efforcent de neutraliser, par le tir précis de leurs canons, les carrefours, les Allemands très importants de La Tête à la Femme et de La Tournerie. Par ces carrefours, les Allemands arrivaient de Saint Clément - Rancoudray. Plus au Sud, c'est à dire la côte '285" située au Nord de Romagny près du bourg de Le Neufbourg, autour de la ferme Le Pilon, se déroulent entre 10 et 12 H des combats meurtriers. C'est une lutte sauvage au corps à corps dans le bocage. Des deux côtés l'artillerie est très active et l'aviation allié est éfficace. De chaque côté, les pertes sont très élevées. Avant leur retraite, les Allemands pour préserver leur recul lancent des obus incendiaires. Plus au Sud, le bourg de Romagny est libéré dans l'aprés-midi.
Mortain / Saint Clément / Rancoudray :
Des villages "Beauvallon et La Fieffe du Ramier" de la commune de Saint Clément non loin des mines de Cambremont où se trouvent environ 800 réfugiés de Mortain et ses environs les Allemands lancent une attaque en direction de la gare de Le Neufbourg et Mortain qui échoue. Ils laissent sur le terrain de nombreux cadavres ainsi que des camions en flammes.
A Mortain, dans l'aprés-midi, par avions cargo C47, le 2ème bataillon du 120ème R.I. de la 30ème division Américaine qui se trouve encerclé sur la côte 317, reçoit des vivres et des munitions pour deux jours. Entre temps, le Lieutenant Colonel Lewis D.Vieman qui commande le 230ème bataillon d'artillerie légère, a l'idée d'envoyer du ravitaillement par obus. Il va utiliser des cylindres d'obus fumigènes pour envoyer des produits médicaux sur la colline. Le soir, les premiers lancers ont lieu. Ensuite, les canons d'assaut de 105 mm du 743ème bataillon de chars et les obusiers de 155 mm du 113ème bataillon d'artillerie de campagne firent la même chose.
A l'Hospice, les Allemands sont furieux. Ils considèrent ce lieu comme un nid de résistance. Il faut signaler : a) les Allemands entourent l'établissement et dorment à l'abri de ses murs dans la cour arrière. b) les Américains dominent cet endroit depuis les rochers de la Montjoie si bien que, des Allemands sont visés par des tireurs Américains. Peu de temps après Minuit, les Allemands après avoir parcourus toutes les pièces connues de l'établissement, rassemblent les personnes dans la cour intérieure. Monsieur l'Archiprêtre Blouet est mis en cause. Les Allemands pressent la mise en route des 21 civils accusés d'espionnage qui sont alignés par rangs de quatre. M. l'Archiprêtre et trois soeurs sont en tête. La colonne est conduite dans un champ près de la ferme des Tasses (P.C. Allemand) sur la route qui remonte au cimetière. La présence des religieux ennuie les Allemands. Dans la nuit, la colonne s'ébranle,
Recueilli et enregistré par Guy LELANDAIS